Le focus
Agnès Limbos

A deux pas du Théâtre des Martyrs, au 57 de la rue du Marais, se trouve un autre théâtre : le Théâtre La Montagne Magique crée voici vingt et une années par Roger Deldime et Jeanne Pigeon, avec pour objectifs et publics l’enfance et l’adolescence.

Les deux théâtres s’associent cette saison pour accueillir l’artiste AGNES LIMBOS, figure emblématique du théâtre d’objet, au cours d’une quinzaine exceptionnelle où seront présentés quatre spectacles qu’elle y soit interprète et metteuse en scène dans Petites fables, Conversation avec un jeune homme, Ressacs de la Compagnie Gare Centrale, ou collaboratrice artistique dans Carmen de la Compagnie Karyatides, (mise en scène par Félicie Artaud).

« Petite, elle était, nous dit-elle, limite autiste. Contemplative, en tout cas, craintive, isolée, fragile. Aujourd’hui, Agnès Limbos est devenue, par sa présence tragico-clownesque, une des grandes artistes de la scène belge. »
La Libre Belgique

Née à Huy, Agnès Limbos est auteure, comédienne, metteuse en scène, et professeure de théâtre. Elle est la fondatrice de la Compagnie Gare Centrale (1984) avec laquelle elle crée des spectacles dans lesquels elle développe une recherche artistique autour du théâtre d’objet et de l’acteur manipulateur. Entre voyages et formations pour le théâtre Jeune Public, elle a étendu son regard, sa technique et a créé sa propre façon de faire.

Elle est une figure emblématique du théâtre d’objets, cet art du détail qui éblouit les yeux et fait fonctionner l’inconscient. Depuis toujours Agnès Limbos se passionne pour la puissance de l’objet comme acteur à part entière et pour la capacité du comédien à le manipuler. Il n’y a pas de détournement,

les objets ne sont pas considérés comme des accessoires mais bien comme des éléments fondateurs de la pièce, imposant leur présence comme pilier du jeu. Tout est calculé, imaginé et justement pensé pour les renvoyer à une entité, réelle effigie au sein des protagonistes du récit.

Faire prendre vie aux objets relève du défi puisqu’il est primordial de rendre l’expérience sensible et d’adapter le mouvement, la respiration ou encore la voix, si besoin, à chaque objet choisi. Chaque élément mis en scène transpose avec lui un univers qui fait marcher nos propres souvenirs et nos références. Ces fameux objets développent leur expressivité de par leur état original et inattendu, au départ inerte et sans vie, qui s’animent, racontent et prennent pour finir la place d’un personnage.

Agnès Limbos ne choisit pas des objets en fonction du thème qu’elle veut aborder mais elle se laisse plutôt attirer par eux. Au détour de glanages sur les brocantes et de promenades, interpellée par tel ou tel bibelot, elle l’adopte et cherche à en trouver ensuite la signification. Elle définit d’ailleurs son travail comme du théâtre de récup’. A la manière des marionnettistes ou des conteurs, l’atmosphère extraordinaire nous encercle et la pièce prend une direction délicatement fantastique.  Derrière ces ensembles faits de bric et de broc se dévoile alors une histoire. Historiquement, le théâtre d’objets n’est pas nouveau. Il existe depuis de nombreuses années et a servi beaucoup de metteurs en scène par le passé, soucieux d’innover et désirant détourner la construction réaliste, parfois réductrice, des spectacles d’avant. L’intérêt d’une telle pratique c’est d’ouvrir le champ des perceptions. Quel que soit l’âge du spectateur, son imagination est stimulée pour construire le récit. L’histoire prend sens pour tous et chacun se voit touché de manière unique et personnelle.

Petites fables

Où l'on voit que les chasseurs sont sans scrupules. Qu'ils sont souvent armés d'un couteau. Que ce couteau sert à couper, à diviser. Qu'une coupure laisse toujours une trace. Que cette trace n'empêche pas le soleil de briller. Que, quand le soleil brille, les cœurs se gonflent. Que les cœurs ainsi gonflés ont beaucoup de force. Que cette force peut servir à ruser. A ruser avec les chasseurs. Qui sont souvent armés. Armés d'un couteau qui sert à diviser...
Petites fables propose un carnet de voyage à travers des récits imaginaires aux pays des harmonies qui basculent, des campagnes qui rétrécissent, des cœurs qui se mettent en marche tandis que les coucous, sourds, coucoutent imperturbablement...
A chaque pays son style.
A chaque pays sa petite fable.

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Ressacs

Perdu en pleine mer, un couple dérive sur un minuscule rafiot. Pris dans la tourmente, ils ont tout perdu. Plus de maison avec son french garden, plus de voiture chic et confortable, plus de whisky à 18 heures. La banque a tout repris. Au moment où tout espoir semble envolé, ils accostent sur une île et découvrent des ressources naturelles inexploitées par les habitants. Et si c'était le moyen de remonter la pente ? Encore faut-il que le rêve de l'un soit toujours en phase avec le rêve de l'autre... L'artiste belge, maestra du théâtre d'objets et comédienne de haute volée, retrouve le trompettiste Grégory Houben, son partenaire dans le spectacle Troubles. Le duo, assis devant une table, déplace les objets avec une grande précision, attirant notre regard sur un détail pour un effet zoom, ou sur l'ensemble pour nous donner un plan large, comme dans un film. Le couple d'opérette chante et joue de la musique, en particulier de l'orgue de plastique.
Comme toujours avec Agnès Limbos, on est de plain-pied dans le burlesque et le carton-pâte mais dans le fond l'émotion est assurément tragique. Ressacs, c'est l'histoire de Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui se métamorphosent en monstres cupides. Un spectacle sur la crise personnelle et politique, sur le pouvoir et la soif de l'or, qui met le doigt sur la banalité de l'oppression.

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Conversation avec un jeune homme

Une dame assise à une table. Un jeune homme dansant dans la forêt. Deux corps en pleine métamorphose qui se rencontrent ... Sous le regard du loup qui rôde, ils conversent - sans paroles - sur la vie, la mort, l’étrangeté du monde ... Leur langage se compose de ce qu’ils ont à portée de main :       de singuliers objets récupérés ici et là, aux évocations tantôt macabres, tantôt kitsch et toujours pleins d’humour et de tendresse. Un service à thé s’abritera sous des fleurs de tissu, quelques animaux empaillés rencontreront des ceps de vigne sur un lit de gazon plastique... Dans ce décor de sous-bois brodé et peuplé de corbeaux empaillés, le loup rôde. Comme une métaphore de nos fantasmes, de nos peurs, comme une menace ancestrale, l’animal teinte cette amusante vanité vivante d’un soupçon d’inquiétude.

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Carmen

Karine Birgé manipule les poupées de la belle séductrice, de José et Escamillo mais aussi d’amusants taureaux dodelinant de la tête. Elle tire les cartes comme une vraie gitane, transforme l’arène de sable en un champ verdoyant d’un coup d’éponge ou fait surgir un night-club avec une boule à facettes. Extraits d’opéras et de chansons populaires jalonnent cette plongée aux enfers d’une redoutable efficacité.

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L'agenda

Di 12.02    Petites fables   Théâtre La Montagne magique    15:00
Lu 13.02   Petites fables   Théâtre La Montagne magique    10:00 & 13:30
Ma 14.02   Petites fables   Théâtre La Montagne magique    10:00 & 13:30
Me 15.02   Petites fables   Théâtre La Montagne magique    10:00 & 19:30
Ve 17.02    Conversation avec un jeune homme   Théâtre des Martyrs   20:15
Sa 18.02    Conversation avec un jeune homme   Théâtre des Martyrs   19:00
Di 19.02    Conversation avec un jeune homme   Théâtre des Martyrs   16:00
Ma 21.02   Carmen   Théâtre des Martyrs   19:00
Me 22.02   Carmen   Théâtre des Martyrs   20:15
Ve 24.02    Ressacs   Théâtre La Montagne magique   19:30
Sa 25.02    Ressacs   Théâtre La Montagne magique   19:30
Di 26.02    Ressacs   Théâtre La Montagne magique   16:00

 

 

Le prix des places

Théâtre des Martyrs
ADULTES 13 €
- 30 ANS     9 €

Théâtre La Montagne Magique
ADULTES   9 €
ENFANTS   7 € (jusque 18 ans)

Théâtre La Montagne Magique

Rue du Marais, 57 - 1000 Bruxelles
02 210 15 90
http://lamontagnemagique.be/