MIDSUMMER MOZARTIADE

Opéra, récital, concerts gratuits et conférences en partenariat avec Amadeus & co

 

OPERA

Die Entführung aus dem Serail

Wolfgang Amadeus MOZART  | Livret de Johann Gottlieb Stephanie le Jeune

Le premier véritable chef-d’œuvre de l’opéra allemand s’invite au Théâtre des Martyrs dans le cadre du 4e festival Midsummer Mozartiade. Créé à Vienne le 16 juillet 1782 au Burgtheater, Die Entführung aus dem Serail fut un opéra nouveau, plein d’idées, le premier chef-d'œuvre de l'opéra allemand. Remportant un triomphe dès le soir de sa création, ce génial “Singspiel” devint, du vivant de Mozart, son ouvrage le plus populaire. Il parcourt toute l’Allemagne avant de poursuivre une carrière fulgurante à travers l’Europe. Des Européens en captivité dans le monde musulman étaient monnaie courante au XVIIIe siècle. Dans l'esprit des Lumières, Mozart pouvait néanmoins concevoir une fraternité entre l’Occident et l’Orient. Ainsi son génie transcende les conventions de la turquerie, sa musique devient drame, ses personnages deviennent êtres humains. Le vivre ensemble peut-il permettre à ces hommes et ces femmes de chair et de sang de surmonter leurs différences de culture, de religion ou de sexe ? Dans l’univers clos du sérail – dans cette tension entre crainte et fascination – vont-ils réussir à se comprendre, s’accepter ? Au cours de cette nouvelle rencontre choisiront-ils de suivre leurs propres lois ou celles professées par leurs pères ? La Sublime Porte pourrait rester ouverte cette fois, même si l’expérience risque de meurtrir plus d’un cœur. C’est pour cela que L’Enlèvement a tant à nous dire aujourd’hui.

Au bord de la mer, dans une Turquie romanesque, le jeune seigneur espagnol Belmonte cherche  sa fiancée Konstanze, capturée par des pirates puis vendue au Pacha Selim. Ayant subi le même sort, Blonde, sa servante anglaise, et Pedrillo, le serviteur de Belmonte, sont surveillés par l’odieux Osmin, gardien du palais. Prête à mourir plutôt qu’à se donner au Pacha, la belle Konstanze repousse ses avances, malgré toute l’attirance qu’elle éprouve pour lui. Avec l’aide de Pedrillo, Belmonte parvient à s’introduire au palais, où ils montent un projet d’enlèvement pour délivrer leurs fiancées. Au moment de s’enfuir, les deux couples d’amants sont capturés et voués à une mort certaine. Dans un coup de théâtre final, le généreux Selim leur accorde clémence, liberté et sauf-conduit. Qu'est-ce qui l'amène à réagir de cette façon ?

GRANDE SALLE
Le 30/06 à 15h => Je réserve (Représentation en collaboration avec VTB Kultuur)
Le 02/07 à 19h => Je réserve
Le 04/07 à 19h => Je réserve
Le 07/07 à 15h => Je réserve

AVEC
Gianna Cañete Gallo | Konstanze
Pierre Derhet | Belmonte
Dorine Mortelmans | Blonde
William Blake | Pedrillo
Shadi Torbey | Osmin
Parbet Chugh | Bassa Selim
et l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie

CHORISTES/COVERS
Irene Garrido, Auriane Saccoman, Pauline Lebbe, Lotte Verstaen, Gema Hernandez, Blandine Coulon, Kenny Ferreira, Mathis Van Cleynenbreugel, Jonathan Vork, Emmanuel Junk, Christoph Bornet, Tom Vanbogaert

COMÉDIEN(NE)S
Camille Decock, Agathe Meziani, Alexander Espinosa, Alvaro Siddharta

MISE EN SCÈNE Eric Gobin
DIRECTION MUSICALE David Miller
ASSISTANT CHEF D'ORCHESTRE Gabriel Hollander
SCÉNOGRAPHIE Frédéric Philippe
COACH DE MOUVEMENT SCÉNIQUE Françoise Ponthier
LUMIÈRES Nicola Pavoni
COSTUMES Gaël Bros

 
 

Voulez-vous en savoir plus sur l’œuvre ?

Rejoignez-nous dans la Petite Salle du Théâtre des Martyrs 60 minutes avant chaque représentation pour une présentation éclairante et engageante sur l’opéra que vous allez voir. Ces « pre-show talks » sont l'introduction parfaite pour tous les publics, mélomanes ou novices.
En néerlandais par Arne Herman, le 30.06 à 14h & le 04.07 à 18h
En français par Hugo Rodriguez, le 02.07 à 18h & le 07.07 à 14h

CONFÉRENCES | LIBRAIRIE CFC ÉDITIONS
place des Martyrs 14 - 1000 BRUXELLES

03.07 à 18h en néerlandais - MOZART ALLA TURCA - HET ORIËNTALISME IN DE WESTERSE MUZIEK
Il est remarquable qu'à l'époque des Lumières, souvent considérée comme le triomphe ultime de la culture occidentale, l'art ait tourné son regard vers l'Orient. Au XVIIIe siècle, l'attrait du mystérieux Orient alimente la curiosité des écrivains, peintres et compositeurs. Die Entführung aus dem Serail, la première percée de Mozart en tant que compositeur d'opéra, est l'exemple le plus célèbre de l'orientalisme en musique, et Die Zauberflöte en porte aussi clairement les traces. Beaucoup interprètent l'intérêt du XVIIIe siècle pour la mystique orientale comme une forme d'impérialisme intellectuel : comme une tentative unilatérale d'occidentaliser la culture orientale sous le drapeau du siècle des Lumières. Ou y a-t-il en fait une influence mutuelle ? Après tout, l'attention typiquement orientale pour le spirituel et l'inconnu semble être une belle avancée vers le romantisme occidental. De plus, de nombreuses partitions du XVIIIe siècle sont parsemées de décorations musicales d'inspiration orientale. À l'aide d'exemples concrets, cette conférence donne un aperçu de la relation entre l'Orient et l'Occident dans la culture musicale du XVIIIe siècle.

Arne Herman est titulaire d'une maîtrise en musicologie et d'une licence en philosophie de la KU Leuven et d'une maîtrise en clarinette de l'Institut Lemmens. Après ses études, il a fait des stages au département de dramaturgie d’Opera Vlaanderen à Anvers et au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. Depuis quelques années, il donne régulièrement des présentations de concert pour les deux opéras, deSingel, le Concertgebouw Brugge, le Festival des Flandres et le Davidsfonds. Depuis octobre 2016, Arne est doctorant à l'Université d'Anvers, où il fait des recherches sur l'évolution de la pratique orchestrale actuelle et l'impact de la musique classique sur la société. En 2017, son livre Gesamtkunstwerk : die ontwikkeling van een idee a été publié chez Peeters à Louvain. En 2019, ce jeune musicologue passionné paticipera à notre festival pour la troisième fois.

05.07 à 17h en français - L’ORIENTALISME AU SIÈCLE DES LUMIÈRES : REFLET DE L'ORIENT OU MIROIR DE L'EUROPE ?
Depuis la Renaissance, le goût des lecteurs occidentaux pour les récits de voyage en Orient n’avait cessé de croître, mais c’est la traduction française des Mille et une nuits par Antoine Galland qui, à partir de 1704, a lancé une véritable vogue orientaliste. Alors que par là, Galland avait entendu faire découvrir aux Européens les diversités des cultures orientales, ses lecteurs en firent surtout une machine à rêver : comme l’a montré Edward Saïd, tous ces écrits orientalistes éclairent surtout l’imaginaire européen, ou plutôt des imaginaires portant sur des pratiques sexuelles différentes, du moins officiellement..., mais aussi esthétiques, morales ou politiques. C’est dans cet Orient fantasmé que Voltaire place Zadig et Lessing son Nathan der Weise. C’est dans ce même univers que Mozart, selon des modalités variées, situe nombre de ses ouvrages d’Il re pastore à Thamos, en passant, par L’enlèvement au sérail, Cosi fan tutte... sans oublier sa Marche turque.

Manuel Couvreur est docteur en Philosophie et Lettres, chercheur qualifié honoraire du FNRS et membre de l’Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Belgique. Professeur ordinaire à l’Université libre de Bruxelles, il y enseigne l’histoire de la littérature française, l’histoire comparée des arts aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’histoire du genre lyrique, ainsi que celle de la musique enregistrée. Sa thèse consacrée à la tragédie en musique française a été publiée sous le titre Jean-Baptiste Lully : musique et dramaturgie au service du prince (1992). Il est l’auteur d’une centaine d’articles et études sur les rapports entre musique et littérature en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’ouvrage collectif Le plaisir musical en France au XVIIe siècle qu’il a édité avec Thierry Favier a été couronné du Prix des Muses (2006). Il a dirigé une série de cinq volumes consacrée à l’histoire du théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles (1996-2010). Son édition critique des Mille et une nuit dans la traduction d’Antoine Galland a paru en 2016 aux éditions Champion. Il poursuit actuellement des recherches sur le mécénat théâtral et musical de Maximilien-Emmanuel et de Joseph-Clément de Bavière, en Hainaut et dans les Hauts de France. Après avoir assuré l’édition critique de plusieurs ouvrages du prince Charles-Joseph de Ligne (Œuvres romanesques, en collaboration avec Roland Mortier ; Coup d’œil sur Belœil), il a publié un ouvrage collectif Cinquante nuances de rose. Les affinités électives du prince de Ligne et a mis en chantier une monographie sur l’œuvre littéraire de cet auteur.

RECITAL

LES CHEMINS D’ORIENT I (OPÉRA)

Au 18e siècle, des opéras sur les turcs constituaient un vrai phénomène culturel, avec des centaines de productions mettant en vedette des sultans et des pashas enturbannés asservissant des centaines de sopranos dans leurs harems. Pour la plupart oubliées de nos jours, des œuvres telles que Les pèlerins de la Mecque de Gluck, L’incontro improvviso de Haydn ou La caravane du Caire de Grétry ont toutes connues leurs heures de gloire. Mozart va y ajouter d’abord une esquisse (Zaïde) puis un chef-d’œuvre (L’Enlèvement au Sérail). Ainsi la voie sera ouverte pour les successeurs de l’ère romantique tels que Rossini, Donizetti et Verdi. Après avoir incarné la Contessa, Donna Anna puis Fiordiligi lors de nos éditions précédentes, Laura Telly Cambier endossera la tenue des odalisques pour nous convier dans les secrets du harem tel que l’ont imaginé les compositeurs d’Occident. Lucas Blondeel au piano l'accompagnera dans cette chevauchée de tapis magique.

Œuvres de Rameau, Gluck, Haydn, Mozart, Grétry, Salieri, Rossini, Verdi, Massenet
Laura Telly Cambier, soprano
Lucas Blondeel, pianoforte

Mercredi 03.07 à 20h - Grande salle

LES CHEMINS D’ORIENT II (LIED)

Après Vienne et Naples, Anke Herrmann et Lucas Blondeel nous emmènent à Chiraz, sur les pas du célèbre poète persan Hâfez. À l’aube du romantisme, des poètes allemands tels que Goethe, Rückert et Daumer se sont abreuvés à cette source mystique et sensuelle. Leurs textes ont à leur tour inspiré des compositeurs tels que Schubert, Loewe, Mendelssohn, Brahms. Née à Kiev de père allemand et de mère ukrainienne, Anke Herrmann étudie le chant à Berlin à la Musikhochschule Hanns Eisler, puis se perfectionne auprès d’Elisabeth Schwarzkopf et de Dietrich Fischer-Dieskau avant d’entamer une collaboration avec René Jacobs qui marquera le début d’une intense activité de concertiste, particulièrement dans les répertoires du 17e et 18e siècles. Artiste fidèle du festival, Anke Herrmann a été applaudie par le public et la presse pour sa voix pleine de caractère, son expressivité attachante, ses interprétations captivantes. Son merveilleux talent de conteuse a conduit plus d’un à espérer l’entendre un jour dans Schubert. Ce souhait partagé est sur le point de se réaliser.

Œuvres de Schubert, Loewe, Mendelssohn, Brahms, Wolf, Strauss
Arne Herrmann, soprano
Lucas Blondeel, pianoforte

Vendredi 05.07 à 20h - Grande salle

LES CHEMINS D’ORIENT III (PIANO)

Pour le tout premier récital de piano de notre festival, Lucas Blondeel nous conduit à travers l’Orient, du moins tel qu’il fut perçu musicalement en Europe (et en Russie) au 18e et 19e siècles. Notre première escale sera à Vienne, où le souvenir des Turcs est encore vivace dans les années 1780, comme nous l’entendons si bien dans l’opéra de cette édition L’Enlèvement au Sérail. Ainsi il va de soi que ce récital commence par la sonate avec le rondo “alla turca” de Mozart. Nous poursuivons notre route musicale vers l’Orient avec Schubert et Brahms dans le style “all’ongarese” (n’oublions pas que l’Europe de l’Est fut dominée par les Ottomans), avant de continuer vers Istanbul pour une marche en l’honneur du Sultan Abdul Medjid Khan de Donizetti/Liszt. Godowsky et Debussy nous mènent ensuite en Extrême-Orient, pour revenir dans les jardins andalous. Nous terminons notre périple dans le monde arabe tel qu’il fut interprété avec une curiosité toute bienveillante par les Russes Moussorgsky et Balakirev dont nous entendrons la très virtuose fantaisie orientale Islamey.

Œuvres de Mozart, Schubert, Brahms, Liszt, Debussy, Mussorgsky, Balakirev
Lucas Blondeel, pianoforte

Samedi 06.07 à 20h - Grande salle

CONCERTS GRATUITS SUR LA PLACE DES MARTYRS

Le 3e volet du festival est notre série de concerts gratuits sur la Place des Martyrs. Ces concerts offrent un libre accès à cette semaine culturelle et conviviale qui remplit chaque juillet ce magnifique "théâtre à ciel ouvert" avec la musique de Mozart et de ses pairs. Ils s'adressent à un large public de tous âges, mélomanes ou novices, grâce aux œuvres interprétées, qui vont des raretés du 18e siècle à la musique de film célèbre. Une autre attraction forte est la variété des groupes musicaux invités, dont cette année deux octuors, l'un vocal et l'autre de trombones. Cette diversité s'étend parfois au-delà de nos frontières pour inclure des formations telles que l’ensemble autrichien Primus Brass (édition 2018). Nos concerts gratuits mettent en valeur ce haut lieu du patrimoine belge en faisant revivre des chefs-d'œuvre musicaux, entourés de ses façades néoclassiques, non seulement emblématiques de l'époque autrichienne mais également contemporaines de Mozart.

Contr'air

L’octuor vocal Contr’Air a été constitué par Damien Parmentier afin d’aborder à huit voix un répertoire d’inspiration traditionelle allant du baroque à nos jours, accompagné au piano ou a capella. Sa formation “de chambre” est destinée à faciliter le désir d’atteindre des personnes pour lesquels l’accès au spectacle vivant où à la musique classique n’est pas facile, d’être plus proche du public. Quant au nom “Contr’Air”, il vient de la volonté d’offrir du rêve, de la joie et de l’énergie positive face au désarroi de notre civilisation et de renforcer les liens sociaux en pratiquant la musique vocale. Après nous avoir offert l’année dernière un délicieux programme aux saveurs napolitaines, l’octuor Contr’Air nous reviendra cette fois avec des choeurs d’opéras aux parfums d’Orient de Rameau à Massenet.

Œuvres de Rameau, Glück, Haydn, Mozart, Rossini, Weber, Cornelius, Verdi, Fauré, Massenet
01/07 - 17h & 06/07 - 16h - place des Martyrs

Venti nuovi

L’ensemble d’instruments à vent Venti Nuovi a été créé par Christian Debauve dans le but de promouvoir le répertoire consacré aux vents, trop peu présenté en concert et donc trop peu connu du public. Sous sa direction, cette jeune formation permet à des étudiants de nos conservatoires de découvrir ces œuvres, entourés de musiciens professionnels, majoritairement issus de la Musique Royale des Guides. Partenaire du festival depuis 2016, l’ensemble Venti Nuovi proposera cette année un programme “alla turca”, en parfaite harmonie avec la thématique de l’édition. 

Œuvres de Lully, Mozart, Baily et autres
03/07 - 16h & 06/07 - 17h - place des Martyrs

Make it slide

Après plusieurs années passées ensemble au pupitre de trombones de la Musique Royale des Guides, Robin, Tom, Jan et Alexandre décident d'unir leur passion pour la musique de chambre et le travail en quatuor de trombones en formant “Make It Slide”. Ils se produisent pour la première fois lors d'un concert pour accompagner le soliste international Brandt Attema. Cette réunion autour de ce grand projet leur donne envie de continuer à se produire en tant que quatuor de trombones. Pour leur première participation au festival, Make It Slide sera rejoint par quatre confrères afin d’offrir un concert allant du duo à l’octuor de trombones.

Œuvres de Mozart, Zimmer, Sweeling, Piazzolla et Hartley
01/07 - 16h - place des Martyrs

Le quintette de l'ensemble de cuivres de Belgique

L'Ensemble de Cuivres de Belgique (ECB) est composé à l’origine de 11 musiciens talentueux, tous issus des grands orchestres Belges, réunis autour d'un projet collectif, convivial et musical. Ensemble, ils explorent un répertoire s'étendant de Gabrieli à Bizet tout en passant par la musique d'Astor Piazzolla et les musiques de films. Les diverses combinaisons d'instruments leur permettent de mettre en valeur leurs différentes palettes de timbres, leur richesse de nuances et leur sensibilité artistique. Déjà présent lors des éditions 2017 et 2018, vous les entendrez cette année en version quintette, plus petite mais tout aussi pétillante, dans un nouveau programme allant de l’opéra à la variété.

Œuvres de Mouret, Mozart, Verdi, Crespo et autres
03/07 - 17h00 - place des Martyrs