Les Midis de la poésie sont des conférences à deux voix pour présenter et dire la poésie et la littérature d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs.
Les mardis midi, entre 12h40 et 13h30, des conférenciers et des comédiens viennent parler d’un sujet faussement inactuel pour transmettre, questionner et faire entendre un auteur, une thématique ; et surtout, des textes. Les événements durent 50 minutes, alternant lectures et mise en contexte.

Voici les 3 rendez-vous du Théâtre des Martyrs

02.10.21

Le poème racinien comme rocher de Gibraltar entre les sexes - Jean Racine

Si le poème racinien condamne les amants à demeurer sur « des bords opposés », la narratrice naufragée de Titus n’aimait pas Bérénice cherche le détroit par lequel se réconcilier avec l’autre bord, le masculin qui l’a meurtrie. Évoquer Gibraltar, c’est bien sûr se mettre immédiatement sous l’aile de Duras, mais le roman s’en choisit une autre, moins évidente, naturellement plus étrangère, celle d’un poète tragique et janséniste admis à la cour du roi Louis XIV, fleuron du patrimoine classique et indéboulonnable statue de la culture française : Racine. En regardant le poète vivre, grandir et créer, le roman imagine le laboratoire de son intelligence, de sa vision du chagrin et de la détresse de l’amour. Se mettant ainsi dans ses pas, il tente une approche de la langue qu’il formule lentement, une immersion dans le poème dramatique en cours d’élaboration dans la solitude de l’écriture mais aussi dans l’enceinte du théâtre.

avec Nathalie Azoulai, femme de lettres française, lauréate du prix Médicis en 2015 pour son roman Titus n’aimait pas Bérénice & France Bastoen, actrice.

07.12.21

Sexe : F

Il y a la littérature et ses Grandes Œuvres. Et puis, il y a la Poésie et ses poètes. Mais il y a aussi ses poétesses qui, de tout temps, grâce à leur passion, ont réussi à écrire, souvent dans le silence. Sexe : F est la rencontre entre deux artistes désirant (re)donner rendez-vous et vie aux mots de ces femmes trop souvent ignorées du grand public. C’est un voyage musical voguant sur les mots de Sappho ou Taslima Nasrine en passant par les poétesses de la Beat Generation ou Andrée Chedid. Ni barrières, ni frontières, seulement leurs mots et les immensités thématiques qu’elles explorent dans un écrin sonore de voix et de piano. Car comme le dit Françoise Chandernagor dans son livre Les femmes parlent d’amour : Ce n’est pas un plafond de verre que les poétesses ont à soulever pour rejoindre leurs confrères masculins et devenir enfin visibles aux yeux du lecteur ingénu, c’est un couvercle de plomb !

avec Grazyna Bienkowski, pianiste, violoncelliste, compositrice & musicologue & Karin Clercq, chanteuse & comédienne.

 

15.03.22

Le blues des déracinés

La poésie de Bob Kaufman a inspiré, questionné, habité l’évolution artistique du groupe de musique actuelle DALVA porté par Camille Weale et Marolito. Cet auteur afro-américain, af lié au courant de la Beat Generation, a insufflé au groupe le besoin de lâcher-prise, de tisser un l au plus proche de la lame. L’écriture de Kaufman est brute, musicale, comme une partition de « free jazz » qu’on aurait laissé choir sur une table tachée de café. Elle transpire les cris des opprimés, l’histoire de l’esclavage et des Afro-descendants, des Indiens décimés et des charniers de bisons, des enfants du Vietnam à l’époque champignon, des écroués, des camés, des femmes salies et j’en passe. Cette Histoire est commune à toutes nos solitudes, ces solitudes creusées entre les vivants, les survivants, entre les peuples de ce vaste mirage soufflé par la toute-puissance occidentale.

avec Camille Weale, spoken word & chant, Marolito, guitare électrique & Antonin Simon, compositions électroniques.