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Une famille modèle : elle médecin, lui architecte, avec deux enfants. Déboule Franziska, l’« ex » qui cherche refuge chez eux. Jouant du triangle amoureux, Mayenburg le déporte ailleurs, et interroge ce sentiment souvent partagé : celui d’être piégé·es par une vie qu’on ne voulait pas vivre. Une comédie satirique aux rouages implacables, bourrée d’humour noir.
Een modelgezin: zij is arts, hij architect, met twee kinderen. Valt Franziska, de “ex” binnen en zoekt bij hen haar toevlucht. Mayenburg speelt in op de liefdesdriehoek en transporteert hen naar elders, waarbij hij dat vaak gedeelde gevoel in twijfel trekt: gevangen zitten in een leven dat we niet wilden leiden. Een satirische komedie met meedogenloze mechaniek, vol zwarte humor.
A perfect family: she’s a doctor, he’s an architect, married with two kids. Then barges in Franziska, the “ex”, seeking refuge in their home. Playing with the love triangle, Mayenburg transposes it elsewhere to a feeling many share: that of being trapped in a life they never meant to live. A satirical comedy moved by ruthless mechanics and filled with dark humour.
«Tu l’as certainement déjà remarqué, quand il peut consoler, ça l’excite, ça le rassure dans sa masculinité.»
« Les enfants dorment ? -Tu peux aller voir. Ils étaient encore réveillés à l’instant. » Nous sommes chez Daniel et Sibylle, mariage heureux, cocon doré, canapé moelleux, écran avec écouteurs. Elle est médecin et lui architecte, menant leurs carrières respectives avec succès. « Là, tout n’est qu’ordre et beauté. Luxe, calme et volupté… »
Tout baigne, dirait-on aujourd’hui… Du moins en apparence. Mais un soir, l’ex-petite amie de Daniel, Franziska, cherche refuge chez eux… La mécanique bien huilée du couple s’enraye, et la soirée se transforme en une spirale cauchemardesque d’allégations, de révélations et d’humiliations où tous les coups sont permis et où les cendres enfouies sous le tapis enflamment le présent.
Huis clos à trois personnages de Marius von Mayenburg (l’un des auteurs dramatiques allemands les plus réputés de sa génération), Ex est une comédie satirique aux rouages implacables et d’une redoutable efficacité, cousine de la pièce d’Ibsen Maison de poupée, teintée de l’humour noir de Lars Norén et de la rugosité d’une série scandinave. Jouant du schéma très identifié du triangle amoureux, elle le déporte ailleurs, là où l’écrivain interroge ce sentiment que nous sommes nombreux.se à rencontrer : d’être piégés par une vie qu’on ne voulait pas vivre.
texte Marius von MAYENBURG
traduction Joséphine de WECK
jeu France BASTOEN (Sibylle), Nicolas LUÇON (Daniel), Émilie MARÉCHAL (Franziska)
scénographie Boris DAMBLY
costumes Claire SCHIRCK
création son Geoffrey SORGIUS, Thomas CAILLOU
coordinatrice d’intimité Nathalie BREMEELS
régie générale Cristian GUTIÉRREZ SILVA
régie plateau Louis LINOTTE
régie son Geoffrey SORGIUS
régie lumière ljjou AHOUDIG
création lumière et assistanat à la mise en scène ljjou AHOUDIG
mise en scène Thibaut WENGER
UN SPECTACLE de la Compagnie PREMIERS ACTES
COPRODUCTION Compagnie Premiers Actes, Théâtre des Martyrs, La Coop et Shelterprod.
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Service Général de la création artistique – direction du Théâtre, de la COCOF (fond d’acteurs), de la Région Grand Est, de la SPEDIDAM, de taxshelter.be, ING et du Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge.
La compagnie PREMIERS ACTES est conventionnée par la Région Grand Est.
La pièce est publiée et représentée par L’ARCHE – éditeur et agence théâtrale.
« Daniel et Sibylle sont prisonniers d’un véritable tourbillon de mots durs, mêlés de rires jaunes et de gestes affolés. Chaque réplique fait craindre une réaction excessive ou un cri de stupeur. Le public lui-même sera pris à plusieurs reprises de sursauts de nervosité ou d’hilarité face aux innombrables punchlines lancées. Par cette bataille éreintante, la pièce illustre avec brutalité et brio la défaillance d’un couple et de leur mariage, où l’amour se cherche désespérément et où la communication n’est plus qu’un jeu d’agressivité. (…) EX, satire étonnante, se clôture donc par une prise de conscience glaçante, dans le silence. Après deux heures de performance intense des acteurs, des tensions plein la nuque, les spectateurs soufflent aussi. Cette pièce a quelque chose de singulier, une proportion exceptionnelle à piquer là où ça fait mal et à mettre en perspective ces injonctions sociales auxquelles nous sommes souvent réduits. Tout en posant une question essentielle : peut-on y sauver l’amour ? »
-Mélanie Lecoeuvre, Le Suricate–