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Comment convoquer un peuple, s’adresser au peuple, et surtout tenter de le représenter lorsque l’on porte haut des convictions puissantes, lorsqu’on dessine un geste héroïque, lorsque vie et œuvre se confondent ? Comment tenir à distance le populisme et l’élitisme ? Telles sont les questions qui se posent à Coriolan. Ces questions politiques sont aussi des questions éminemment artistiques et théâtrales.
Coriolan nous interroge sans doute sur la place du théâtre et sur sa vocation lorsqu’il n’est plus un théâtre rituel ou un théâtre de cour. Quelle est sa situation dans une société sans dieux et sans rois ? Devant quel peuple le théâtre se présente-t-il, quel peuple représente-t-il, pour quel peuple parle-t-il ?
Jean-Marie Hordé, Directeur du Théâtre de la Bastille à Paris depuis 1989, a vécu cette guerre de position artistique et culturelle et l’a largement exposée et discutée dans deux livres : Le Démocratiseur (De quelle médiocrité la démocratisation culturelle est-elle aujourd’hui l’aveu ?) et L’Artiste et le populiste (Quel peuple pour quel théâtre ?). Le théâtre, nous dit-il, n’est ni le lieu de l’affirmation, ni celui de l’unanimisme, mais l’espace de l’intervalle, de l’entre-nous et de la pluralité. Le théâtre est l’espace d’expérimentation d’une question ou d’un ensemble de problèmes. Cette expérimentation demeure toujours inachevée et ouverte à d’autres possibles.
Ces enjeux où esthétique et politique sont profondément liés seront débattus avec Jean-Marie Hordé. À un moment où démocratie et démagogie sont trop souvent synonymes, où les arts ont été qualifiés de non-essentiels, où en Europe les politiques culturelles brillent désormais par leur absence, où la culture et l’art après avoir été sujets de luttes et de confrontations sont oblitérés, invisibilisés, voire ignorés, ce débat nous parait nécessaire.
RENCONTRE ANNULÉE
Avec Jean-Marie Hordé et Jean-Baptiste Delcourt (Cie F.A.C.T.)
La rencontre est animée par Valérie Battaglia