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Je dis que la villa doit rester telle quelle.
C’est un peu pauvre mais ça raconte très bien l’histoire de ceux qui ont survécu.
Et c’est comme ça qu’on prend conscience que nous vivons dans un cimetière.
Lorsque le spectateur entre dans la salle, il découvre une grande table, trois chaises et trois femmes qui sont sur le point de voter à bulletin secret l’avenir de la Villa Grimaldi, centre chilien de torture et d’extermination sous Pinochet détruit juste avant le retour de la démocratie. Elles se rencontrent pour la première fois, savent seulement qu’elles sont choisies pour représenter le comité des survivants et s’appellent les unes les autres par le même prénom, Alexandra… On comprend qu’elles ont deux options : soit reconstruire la villa telle qu’elle était juste avant sa démolition, soit y créer un musée à l’esthétique contemporaine. Mais rien ne se déroule comme prévu : un bulletin inattendu va se glisser et les inciter à remettre en question le principe pourtant démocratique du vote, à envisager une autre issue, et à improviser un débat où se mêlent alliances, contradictions, accusations, négociations, jusqu’à la révélation d’un secret qui les relie. Parviendront-elles à trouver le chemin de la réconciliation ? Comment hériter d’un passé violent ? L’art a-t-il la capacité d’y répondre ?
L’acte théâtral auquel invite Guillermo Calderón réussit la prouesse de constituer sous nos yeux un lieu de mémoire qui, selon la définition de l’historien Pierre Nora est un « lieu où une société consigne volontairement ses souvenirs ou les retrouve comme une partie nécessaire de sa personnalité ».
Mise en scène pour la première fois en français en novembre 2022 au Théâtre de la Vie, cette parole concrète et grinçante épuise les faits pour les dépasser, entrevoir un futur et donner une résonance au présent. Elles aussi héritières d’une histoire et transmettrices de cette parole sans détour, les trois magnifiques actrices d’un théâtre sans artifice nous renvoient l’intensité du débat au-delà du spectacle.
texte Guillermo Calderón
traduction Maria José Parga, Sarah Siré, Vanessa Verstappen
jeu Sélène Assaf, Mathilde Lefèvre, Sarah Siré
regards extérieurs Nelly Framinet & Maria José Parga
scénographie & costumes Aline Breucker
création lumières Nelly Framinet
diffusion La Charge du Rhinocéros
production Fabien Defendini
répétitrice Elena Rommel
assistanat à la mise en scène Sélène Assaf
mise en scène Sarah Siré
UN SPECTACLE de la Cie POLA
COPRODUCTION Cie POLA, Théâtre de la Vie
Avec le soutien de la Fédération Wallonie- Bruxelles – Administration générale de la Culture, Service général de la création artistique, Direction du Théâtre.
« Loin de se contenter de relater des faits historiques bouleversants, Villa explore les fractures invisibles laissées par les dictatures, incarnées ici par trois actrices puissantes (Mathilde Lefèvre, Sarah Siré elle-même et Sophie Jaskulski malheureusement absente remplacée avec brio par Sélène Assaf). Pour ce faire, Sarah Siré s’est donc emparée du texte de Guillermo Calderón, un huis clos tendu où l’humour grinçant côtoie des éclats de colère saisissants. (…) La scène, cette salle de réunion de plus en plus étouffante, mais d’apparence simple permet de souligner une écriture dense et percutante où aucune solution n’est évidente. Un texte incisif soutenu par une prestation remarquable des trois actrices. Calderón et maintenant Sarah Siré, par la voix de ces trois femmes, mettent en place une dialectique complexe sur le rôle de l’art et de la mémoire collective. »
–Louis Thiébaut, RTBF–
« L’interprétation – par un trio remarquable d’équilibre et de complémentarité –, la langue à la fois imagée et retenue de Calderon (dont Vanessa Verstappen, Maria José Parga et Sarah Siré cosignent la traduction), l’intelligente occupation de l’espace (avec la scénographie et les costumes d’Aline Breucker et les lumières de Nelly Framinet), la mise en scène très ancrée de Sarah Siré, assistée de Sélène Assaf : tout cela compose un opus dont la sobriété sert d’écrin à une profuse matière à réflexion, densément ramifiée, où s’enchevêtrent jusqu’au vertige l’émotion et la raison. »
-Marie Baudet, La Libre–
« Sophie Jaskulski, Mathilde Lefèvre et Sarah Siré portent la pièce durant 1h30 sans flancher ni dans le regard ni dans la tonalité, laissant place à une liberté de réflexion politique et morale. Malgré la distance temporelle l’unité problématique du passé se retranscrit incisivement dans le présent. »
-Sûrya Buis, Le Suricate–
Bord de scène mardi 26.11.24
Villa + Prolongation samedi 23.11.24 à l’issue du spectacle
Devenez à votre tour acteurs et actrices du spectacle : participez au débat et partagez votre voix.
Informations
Arpentage du livre Parasites de Nicolas Framont samedi 14.12.24 de 13h30 à 17h.
Atelier ouvert à tous et toutes
Informations et inscriptions