À l’instant de commencer un nouveau cycle avec vous, pour le Théâtre des Martyrs, je pense au calcium de nos os et de nos dents. Oui. Le calcium. Forgé au cœur des étoiles et dispersé à travers l’univers lors de gigantesques explosions stellaires. Cela peut sembler incroyable, mais nous sommes fait·es de la même matière. Celle qui constitue la vie sur Terre est identique à celle qu’on retrouve dans l’Univers. Tout le vivant. Plantes, animaux, nous. Nous sommes du même Univers.
Nous sommes un monde en soi.
De ces circonstances, il paraît inconcevable qu’une partie d’entre nous veuille détruire, anéantir, exterminer l’autre part.
Et pourtant. Cette aberration se vit tous les jours.
Le monde en soi, c’est ce que nous portons en nous-même, un monde intérieur.
C’est aussi l’ouverture au monde entier.
Un monde habité de multitudes, foisonnantes, complexes, un monde qu’on nous présente comme fini, mais auquel nous devons donner suite.
Un monde que nous tentons de représenter, vaillamment, esthétiquement, sur les scènes, ici, au théâtre, à la place des Martyrs.
Cette place abrite sur un cimetière.
Celui des combattant·es de la révolution de 1830.
C’est sans doute ce qui lui donne, de manière intrinsèque, sa profondeur, son besoin de transcendance, par les grands textes, par les mots, par les histoires. Il y a là quelque chose de grave qui cherche à se sublimer par le jeu, l’espièglerie des acteur·ices.
En parcourant le site, je vois un monde vibrant, riche des artistes qui le composent, que je vous invite à découvrir.
Un monde qui cherche à rendre compte du vivant, à inventer le futur.
Un monde qui déconstruit pour mieux aimer, qui clame avec insistance la vérité.
Un monde qui pulse les mots pour réparer, qui apprend à nommer ce qui est.
Un monde qui veut du sens et qui nous touche au-delà des mots.
Un monde qui rappelle à nous, encore une fois, les disparu·es pour les rendre à la vie.
Tous ces spectacles, à travers leurs spécificités, résonnent entre eux, ils se relient, rebondissent, agrandissent ensemble notre perception du vivant, au-delà de nous-mêmes.
Oui. J’aimerais vous convier à cette promesse. Celle d’œuvrer à rendre ce monde plus grand !
Sarah Siré
Directrice générale et artistique
8 mai 2026.