MIDSUMMER MOZARTIADE

Opéra, récital, concerts gratuits et conférences en partenariat avec Amadeus & co 

Après Le Nozze di Figaro, Don Giovanni, Così fan tutte et Die Entführung aus dem Serail, nous vous présenterons la dernière œuvre pour la scène de notre compositeur fétiche. Mozart avait quasi terminé Die Zauberflöte lorsqu'il reçut une commande de dernière minute pour mettre en musique un livret de Metastasio maintes fois utilisé, La clemenza di Tito, pour le couronnement de l'empereur Léopold II comme roi de Bohême à Prague.
Titus doit, lui aussi, faire face à une crise après l'autre. Le rejet brutal de sa fiancée bien-aimée par l'opinion publique, un complot criminel visant à lui ôter la vie ainsi que le trône, la trahison qui s'ensuit de la part de son ami le plus proche. Fera-t-il ou non cléménce ? Va-t-il choisir sa propre "poursuite du bonheur" ou le bien-être de l’état ?
Venez voir comment Mozart, par son génie musical et son sens dramatique, fait de ce dilemme intemporel un chef-d'œuvre d'opéra.
Rendez-vous donc du 20 au 27 juin à Bruxelles pour une nouvelle semaine mozartienne, cette fois sous les ailes de l'aigle romaine.

OPERA

LA CLEMENZA DI TITO

MUSIQUE DE W.A. MOZART
LIBRETTO DE C. MAZZOLÀ, D’APRÈS P. METASTASIO

Il y a dix ans, quatre soldats romains (quatre amis liés par un serment sacré) sont revenus de la guerre en Palestine. Depuis lors, l'un d'eux (Tito) a succédé à son père comme empereur et les autres (Sesto, Annio et Publio) ont été élevés à des postes de confiance autour du trône.

L'opinion publique pousse l’empereur à prendre une femme pour assurer la dynastie. Mais toutes ses tentatives pour imposer Bérénice, la reine de Palestine, comme épouse ont échoué. Rome ne peut accepter qu'une romaine comme impératrice. Tito s'incline devant la volonté du peuple et renvoie sa "reine juive”. Vitellia est prête à tout pour prendre sa place "légitime" sur le trône. Il ne lui reste qu'une seule rivale, la noble et sincère Servilia. Vitellia séduit impitoyablement Sesto afin qu’il assassine son impérial ami. Et Rome devient une poudrière prête à exploser.

La clemenza di Tito (1791) est à la fois un regard rétrospectif sur l'opera seria et une œuvre d’une noblesse classique qui annonce le nouveau siècle. Metastasio a conçu le livret original comme "un miroir pour les princes”, une parabole historique offerte à un chef d’état contemporain non pas pour qu'il puisse voir ce qu'il était mais pour qu'il puisse voir ce qu'il pourrait devenir. La réponse de Mozart met l'accent sur l'individu plutôt que sur la position. Le pardon peut être considéré comme le thème le plus récurrent dans tous les opéras de Mozart, et il est présent dans La clemenza di Tito depuis son titre jusqu'à la scène finale. Titus en est, bien sûr, l'incarnation. Il est mis à l’épreuve, mais il se maîtrise, et c'est ce drame personnel qui se joue, presque rituellement, tandis qu'autour de cette lente transformation les passions tourbillonnent, les liens se rompent, l'anarchie menace. C'est, enfin, la douce grandeur de la musique qui redresse, restaure et triomphe. Ce dernier opéra de Mozart est une puissante fable sur l'amitié et l'amour, la trahison et le pardon.

AGENDA | RÉSERVATION
Dimanche 20/06 à 15h
Mardi 22/06 à 19h
Jeudi 24/06 à 19h
Dimanche 27/06 à 15h

DISTRIBUTION
Enguerrand de Hys | Tito, empereur de Rome
Karen Vermeiren | Vitellia, fille de l'empereur déposé Vitellius
Pauline Claes | Sesto, ami de Tito, amoureux de Vitellia
Julie Vercauteren | Annio, ami de Sesto, amoureux de Servilia
Laura Telly Cambier | Servilia, soeur de Sesto, amoureuse d'Annio
Shadi Torbay | Publio, ami de Tito, capitaine de la garde prétorienne

L’ORCHESTRE ROYAL DE CHAMBRE DE WALLONIE - L’ENSEMBLE VOCAL LE PETIT SABLON
GABRIEL HOLLANDER | Chef d'orchestre - DAVID MILLER | Conseiller musical - THIBAUT LENAERTS | Chef de choeur - ERIC GOBIN | Metteur en scène - GAËL BROS | Costumes - FRÉDÉRIC PHILIPPE | Décor - BENOIT THÉRON | Éclairage - PRIMO LUNGHI | Coach d'italien - FRANÇOISE PONTHIER | Coach de mouvement scénique - LIONEL BAMS, NOEMI BIRO | Pianistes répétiteurs

RECITAL

vendredi 25.06 - 20h30
ROMANI
Une soirée avec quatre empereurs, deux militaires et un philosphe. La basse Shadi Torbey (Publio en 2021, Osmin en 2019, Don Alfonso en 2018, Leporello en 2017, Figaro en 2016) nous régalera avec ses interprétations d’airs d’opéras de Caldara, Gluck, Haendel, Heinichen, Monteverdi et Vivaldi.

Il sera accompagné sur instruments baroques par un quatuor à cordes formé par Aymeric de Villoutreys (violon), Blanca Pietro (violon), Marina Eichberg (alto) et Eugénie Lalonde (violoncelle). Ils présenteront des trésors oubliés tels que La clemenza di Tito (versions de Caldara et Gluck), Flavio Crispo, Tito Manlio et Ezio. Un rendez-vous à ne pas manquer avec ce grand chanteur belge!
“En confiant le rôle d’Osmin à Shadi Torbey, les maîtres d’œuvre on fait coup double: non seulement la basse belge (3e lauréat du Reine Elisabeth 2004, quand même) est au meilleur de sa forme vocale et donnera aux ensembles une assise précieuse, mais son sens de la scène et, il faut bien le dire, ses allures de séducteur ténébreux permettront de créer une symétrie entre les deux couples formés, d’une part, par Blondchen et lui-même et, de l’autre, par Konstanze et Pacha Selim.” (“Vertigineuse lecture de L’Enlèvement au Sérail”, La Libre Belgique, 4.7.2019)

samedi 26.06 - 20h30
DONNE ROMANE E BARBARE REGINE
Une soirée avec Poppea, Cleopatra, Celia, Ilia et d'autres héroïnes des œuvres de Haendel et Mozart. La soprano Gianna Cañete Gallo (Konstanze en 2019, Barbarina en 2016) et le pianiste Lucas Blondeel (artiste en résidence en 2019) nous feront revivre des pages parmi les plus ravissantes de chefs-d'œuvre tels qu’Agrippina, Giulio Cesare in Egitto, Mitridate re di Ponto, Lucio Silla et Idomeneo. Une rencontre en toute intimité avec deux artistes belges exceptionnels!

“Et, au sommet du sextuor, on saluera les deux sopranos, Gianna Cañete Gallo (Konstanze) aux aigus ravissants et “colorés”, et Dorine Mortelemans (Blondchen) à la voix longue et lumineuse, idéales l’une et l’autre dans des rôles très exposés, dont elles s’emparent avec une maîtrise et une liberté confondantes, sens de la scène en sus.” (“Vertigineuse lecture de L’Enlèvement au Sérail”, La Libre Belgique, 4.7.2019)
"Lucas Blondeel est le brillant soliste, injectant à la partie de clavier juste ce qu'il faut de liberté expressive. Il fournit ses propres cadences, et parvient même à un moment donné à citer la Fantaisie en ré mineur K397 de Mozart". ("Haydn symphonies with bags of character and wit", BBC Music Magazine, 12.12.2019)

CONCERTS GRATUITS SUR LA PLACE DES MARTYRS

lundi 21.06 | samedi 26.06 - 16h00
ENSEMBLE DE CUIVRE DE BELGIQUE

L’Ensemble de Cuivres de Belgique (ECB) est composé de 11 musiciens talentueux: quatre trompettes, quatre trombones, deux cors et un tuba. Les membres de I’ECB, tous issus des grands orchestres et conservatoires belges, ont décidé de se retrouver pour unir leur passion commune de la musique. Leur répertoire très diversifié s'étend de Gabrieli à Bizet tout en passant par la musique d'Astor Piazzolla et les musiques de films. Pour leur troisième participation au festival, l'ECB nous offre un programme qui permettra de satisfaire les goûts et la curiosité de tous les publics.

mardi 22.06 | jeudi 24.06 - 16h00
GENEVA BRASS QUINTET

Crée en 2011, le Geneva Brass Quintet (GBQ) réunit des musiciens tous détenteurs d’un master de la Haute École de Musique de Genève. À l’image du célèbre couteau suisse, le GBQ est une formation de musique de chambre aux multiples talents. Sa sonorité chaleureuse et brillante se prête aussi bien au ciselé d’une fugue de Bach qu’au doux murmure d’une balade de Cosma, ou à une traditionnelle mélodie de cor des Alpes. Le GBC est un ardent défenseur de la culture helvétique et inclut régulièrement dans ses programmes des œuvres de compositeurs suisses. L’ensemble tient à présenter ce répertoire original lors de ses fréquentes tournées à l’international, se plaçant ainsi comme l’un des principaux ambassadeurs suisses de la musique de chambre pour les cuivres.

mercredi 23.06 | vendredi 25.06 - 16h00
MAKE IT SLIDE QUARTET

Après plusieurs années passées ensemble au pupitre de trombones de la Musique Royale des Guides, ces quatre trombonistes extraordinaires décident d'unir leur passion pour la musique de chambre et le travail en quatuor en formant Make It Slide. Ils se produisent pour la première fois lors d'un concert pour accompagner le soliste international Brandt Attema. Cette réunion autour de ce grand projet leur donne envie de continuer à se produire en tant que quatuor de trombones. Ils créent régulièrement des œuvres pour cette formation écrites par des compositeurs belges tels que Jean Pierre Haeck, Wim Bex, Benoît Chantrix et Stan van Nieuwehuis. Pour leur deuxième participation au festival, Make It Slide se produira dans un programme varié “du baroque au jazz”.

Voulez-vous en savoir plus sur l’œuvre ?

Rejoignez-nous dans le gradin situé sur place des Martyrs, une heure avant le spectacle pour 30 minutes de présentation éclairante sur ce dernier opera seria de Mozart. Nos avant-spectacles sont l'introduction parfaite pour tous ceux qui veulent en savoir plus, mélomanes ou novices. Elles seront données de nouveau par nos deux jeunes musicologues passionnés Arne Herman (en néerlandais le dimanche 20.06 et le jeudi 24.06) et Hugo Rodriguez (en français le mardi 22.06 et le dimanche 27.06).

CONFÉRENCES | LIBRAIRIE CFC ÉDITIONS
place des Martyrs 14 - 1000 BRUXELLES

mercredi 23.06
BRUXELLES 1791

Quelle était la situation de Bruxelles en 1791, capitale des Pays-Bas méridionaux, à nouveau administrés par les Habsbourg d’Autriche, après l’épisode de la Révolution brabançonne? Les événements politiques et culturels marquants de cette année seront mis en évidence, parmi lesquels il faut signaler l’inauguration, le 30 juin, de l’empereur Léopold II, comme duc de Brabant, cérémonie d’investiture importante dans un contexte troublé par les échos révolutionnaires.

Michèle Galand est professeure ordinaire à l'Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Sciences sociales, où elle enseigne l’histoire moderne, l’histoire des anciens Pays-Bas et l’initiation aux sources de cette époque. Sa thèse a donné lieu à une monographie, Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (1744-1780), Bruxelles, 1993 (Études sur le XVIIIe siècle, XX). Elle a également édité le journal autographe de ce prince. Ses publications sont principalement centrées sur l'histoire politique et institutionnelle des anciens Pays-Bas et sur les relations entre Bruxelles et Vienne au XVIIIe siècle, ainsi que sur les répercussions sociales et culturelles de la présence des institutions gouvernementales à Bruxelles sous l'Ancien Régime.

vendredi 25.06
COMMENT MOZART DEVINT LE DIVIN MOZART

À nos oreilles actuelles, La Clémence de Titus, ultime opéra de Mozart, fait figure d'anomalie. Au pire est-elle une régression par rapport aux chefs d'oeuvre de l'année 1791 (le concerto pour clarinette, La Flûte enchantée, le Requiem). Au mieux est-elle une preuve supplémentaire du génie de Mozart, de son esprit libre, capable d'exprimer les idées les plus nobles, les sentiments les plus profonds dans les conditions difficiles d'un genre très codifié (l'opera seria) et d'une commande urgente. Pourtant, ce n'est nullement selon ces points de vue romantiques qu'a été voulu et accueilli La Clémence de Titus en 1791. Que s'est-il passé entretemps? Les manières d'écouter la musique, de juger les compositeurs, ont été transformées par les événements révolutionnaires, les changements sociaux, économiques et institutionnels, les débats d'idées et les œuvres musicales des nouvelles générations. Cette conférence propose de parcourir cette évolution progressive, des premiers temps de la Révolution jusqu'en 1830, au moment où se sont stabilisées ces manières romantiques de juger le divin Mozart, celles qui sont encore les nôtres aujourd’hui.

Hugo Rodriguez est titulaire d'une maîtrise en musicologie ainsi que d'une maîtrise en langues et littératures françaises et romanes. Il travaille à la section de la musique de la Bibliothèque royale de Belgique (KBR). Ses recherches se situent au carrefour des humanités classiques et des sciences cognitives. Il poursuit une thèse de doctorat sur les problèmes théoriques posés par les rapports entre création et communication en musique, à partir du cas de la musique à programme de Franz Liszt.