1986
Le metteur en scène belge Henri Ronse investit un cinéma, L’étoile, situé 53-55 rue Neuve, fermé depuis 1979 et ravagé par un incendie criminel. Amoureux de ces restes calcinés, Henri Ronse y loge plusieurs spectacles, sous la bannière du Nouveau Théâtre de Belgique, avant d’être prié en 1989, de vider les lieux pour raisons de sécurité.
1998
Près de dix années et cent quarante millions de francs belges plus tard, l’ancien cinéma devient un théâtre rénové par la Commission communautaire française accompagnant le rêve d’Henri Ronse, sous l’impulsion du ministre Didier Gosuin et avec le concours de l’architecte Michel Verliefden. Le Théâtre de la place des Martyrs ouvre ses portes – sans son initiateur et concepteur.
Dans son discours inaugural, où il rappelait qu’il avait souhaité la réalisation d’un théâtre à la place des Martyrs, Didier Gosuin énumérait les quatre défis liés à l’entreprise : « donner à cette place qui, jadis, était un maillage important et très dense de la vie culturelle à Bruxelles, un lustre et une dynamique reconquis ; se réapproprier cette place et revivifier socialement le tissu urbain en réparant ce que des négligences coupables avaient laissé à l’état de chancre ; affirmer sans ambiguïté l’ambition d’un lieu appelé, parmi d’autres, à jouer un rôle phare assurant le rayonnement de la culture française au cœur de l’Europe ; saisir l’opportunité de redonner à la Place des Martyrs une dimension liée à son passé historique : lieu de la liberté dans l’expression individuelle et rempart à toute forme d’intolérance et de soumission. »
Daniel Scahaise, chef de troupe de Théâtre en Liberté, approché par la tutelle bruxelloise pour prendre en charge l’outil mis à disposition, en devient le directeur artistique.
Invitant d’autres compagnies à ses côtés – Point Zéro (Jean-Michel d’Hoop) et Biloxi 48 (Christine Delmotte), qu’il appelle ses compagnons -, Daniel Scahaise développera au gré des saisons une ambitieuse programmation, basée pour une large part sur les « grands textes » du répertoire.
À son initiative, une salle initialement prévue pour y accueillir des réceptions ou des expositions, est modifiée y accueillir des spectacles plus légers, qu’il appelle l’« Atelier »
2005
Point Zéro décide « d’émigrer vers de nouveaux paysages ». Daniel Scahaise invite L’envers du théâtre (Michael Delaunoy) à rejoindre le Théâtre de la place des Martyrs.
2008
Michael Delaunoy est nommé directeur artistique du Rideau de Bruxelles, et L’Envers du théâtre est mis en sommeil. La Servante (Philippe Sireuil) rejoint le Théâtre de la place des Martyrs, à l’invitation de Daniel Scahaise.
2015
Le Théâtre de la place des Martyrs met en ligne le 19 mai 2015 une offre d’emploi visant à pourvoir le poste de directeur artistique. Daniel Scahaise quitte ses fonctions le 31 décembre 2015.
2016
Philippe Sireuil prend ses fonctions le 1er janvier 2016 pour un mandat de cinq années, renouvelable une fois. Il initie en autres un projet de rénovation de l’infrastructure visant à améliorer l’outil mis à disposition, et à mettre le lieu en conformité avec les législations et réglementations actuelles en matière d’énergie, de sécurité incendie, d’hygiène, d’accès aux personnes à mobilité réduite, de systèmes de ventilation et d’installation électrique, d’accueil des publics et de bien-être au travail du personnel administratif, artistique et technique.
2021
Les loges de la grande salle sont entièrement rénovées durant l’été 2021.
2023
La petite salle et ses accès, les bureaux et les espaces publics sont entièrement rénovés. Le chantier dure plus de neuf mois.
2024
Le grenier est rénové à l’automne 2024 pour y loger une salle de répétition. Les différents chantiers dont le maître d’œuvre est la Commission communautaire française ont été menés par le cabinet d’architecture ABR et la société Jacques Delens.
Il est décidé que les salles porteront désormais le nom de leurs concepteurs.
2025
Philippe Sireuil quitte ses fonctions le 31 décembre 2025. Sarah Siré, désignée pour lui succéder en mai de cette année prendra ses fonctions au 1er janvier 2026.
Le Théâtre des Martyrs bénéficie de l’appui de deux tutelles : le Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec lequel il a signé un contrat-programme d’une validité de cinq ans débuté en 2024 définissant les missions et budgets mis à disposition, et la Commission communautaire française avec laquelle il a signé, à la même date et pour le même laps de temps, une convention pluriannuelle lui permettant de s’engager à poursuivre ses missions en direction des publics, au premier rang desquelles la médiation.