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Un père et sa fille au Japon. Lui est artiste peintre et maître de Kendo. Il ne s’est pas préoccupé d’elle, n’a pas soutenu financièrement sa famille, ne sachant pas ce qu’impliquait d’être père…
Petite, elle avait honte de lui et s’inquiétait d’être différente des autres ; elle voulait être forte, apprendre le kendo. Il lui disait « Tu es déjà plus forte que moi, tu n’en as pas besoin ». « Quelle est la chose plus importante dans la vie ? » lui avait-elle demandé. « La beauté » lui avait-il répondu. Devenue artiste en Europe, elle lui demande « Pourquoi la vie est une telle souffrance ? ». « Parce que tu es toujours sur ton ego » Iui répond-il, ajoutant que l’unique moyen de s’en libérer est d’entrer en dialogue avec son art.
« Hikidashi » signifie « tiroir » en japonais. La fille y a conservé tous les souvenirs de son père. Aujourd’hui, elle doit mettre sa tête dans ce tiroir. Elle y trouvera : un caillou, un petit insecte, un vieux porte-monnaie, vestiges intimes fourrés dans un meuble, sans sélection, ni jugement, qui ressurgissent sur le plateau. Elle n’a aucune expérience d’une relation normale père-fille. Néanmoins, cette pièce parle du sien, sans doute particulier au Japon, mais c’est son père. Ce qui pose une question plus générale : les hommes sont-ils aptes à être père ?
Een vader en zijn dochter in Japan. Hij is een schilder en meester van Kendo. Hij bekommerde zich niet om haar, ondersteunde zijn gezin niet financieel, wist niet wat vader zijn betekende… Als kind schaamde ze zich voor hem en maakte ze zich zorgen dat ze anders was dan de anderen; ze wilde sterk zijn, kendo leren. Hij zei tegen haar: “Je bent nu al sterker dan ik, je hebt het niet nodig.” “Wat is het belangrijkste in het leven?” had ze hem gevraagd. “Schoonheid” had hij geantwoord.
Eenmaal kunstenaar in Europa geworden vraagt ze hem: “Waarom is het leven zo’n lijden? “. “Omdat je altijd om je ego geeft”, antwoordt hij, eraan toevoegend dat de enige manier om jezelf ervan te bevrijden, is door in dialoog te gaan met je kunst.
“Hikidashi” betekent “lade” in het Japans. Het meisje heeft er alle herinneringen aan haar vader in bewaard. Vandaag moet ze haar hoofd in deze lade stoppen. Ze vindt er: een kiezelsteen, een klein insect, een oude portemonnee, intieme overblijfselen die zonder te selecteren of na te denken in een meubelstuk zijn gepropt, die weer ten tonele verschijnen.
Ze heeft geen ervaring met een normale vader-dochterrelatie. Niettemin gaat dit stuk over de hare, ongetwijfeld eigen aan Japan, maar het is haar vader. Dat roept een meer algemene vraag op: zijn mannen geschikt om vader te zijn?
A father and daughter in Japan. He is a painter and Kendo master. He didn’t care about her, didn’t support his family financially, didn’t know what being a father meant… As a child, she was ashamed of him and worried about being different from the others; she wanted to be strong, to learn Kendo. He would say to her, “You’re already stronger than me, you don’t need it. “What is the most important thing in life? “Beauty,” he replied.
Now an artist in Europe, she asked him, “Why is life such a pain? “Because you are always on your ego,” he replied, adding that the only way to free yourself is to enter into a dialogue with your art.
“Hikidashi” means “drawer” in Japanese. The daughter has kept all her father’s memories in it. Today, she has to put her head in this drawer. There she will find: a stone, a small insect, an old purse, intimate relics stuffed in a cabinet, without selection or judgement, it will all resurface on the stage.
She has no experience of a normal father-daughter relationship. Nevertheless, this piece is about her father, peculiar, but it is hers. This raises a more general question: are men fit to be fathers?
chorégraphie & mise en scène Uiko Watanabe
création & interprétation Lode Thiery, Uiko Watanabe, Sarah Wéry
regard extérieur Vincent Minne
scénographie N.N.
lumières Eric Castex
création sonore & composition Sarah Wéry
voix off Estelle Marion
régie Matthieu Kaempfer
assistante régie son Barbara Juniot
graphisme, photos & textes Jean-Louis Boccar
costumes Sachiyo Honda
production & diffusion Louise Mestrallet
administration Gekidan Ü asbl
UN SPECTACLE de GEKIDAN Ü
COPRODUCTION Gekidan Ü, Théâtre des Martyrs, Charleroi Danse – Centre chorégraphique de Wallonie- Bruxelles, Compagnie (E)utopia, De Singel, La Coop & Shelter Prod.
Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles- Administration générale de la culture, Service général de la création artistique, Direction du Théâtre, Commission des Arts Vivants, de Tax Shelter.be, ING et du Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge.
Avec le soutien de Kunstencentrum Buda, du Théâtre Marni et de l’Espace Magh.
« La mise en scène est épurée et maîtrisée. Elle se compose de plusieurs séquences à temporalités différentes, tantôt brèves, tantôt longues. Ces longueurs, comme des suspens, sont autant de plongées méditatives.
La narration est éclatée. Quand on fouille un tiroir, on en sort les éléments un à un, ils se succèdent au hasard et leur agencement tient de l’intuition. Dans le spectacle, la voix off, voix du cœur de Uiko Watanabe, apporte un liant, agit en interface de toutes ces images. Avec la musicienne et compositrice Sarah Wéry, on entre dans un univers sonore et musical qui sert l’interprétation, l’oriente et la dynamise. Tantôt harmonieux, tantôt dissonant, le paysage sonore fascine. »
–Laure Gervais, SisterArt–
« Uiko Watanabe, chorégraphe, comédienne et metteuse en scène, se tourne vers son ultime passion pour exprimer des sentiments profonds et sa relation plus que complexe avec son père. Et dans un va-et-vient entre souvenirs d’enfance, dure réalité et imaginaire, Lode Thiery et Uiko Watanabe incarnent avec émotion chaque bribe de souvenir réanimé. »
–Louis Thiébaut, RTBF–