Paul Emond dans le texte

en collaboration avec le Magasin d'Ecriture Théâtrale

Petite salle - 12.10 > 14.10.22 - - sans entracte

Paul Emond est romancier et dramaturge.
Depuis son premier texte écrit pour le théâtre et joué en 1986, Les pupilles du tigre, il en a écrit près d’une trentaine d’autres montés pour la plupart à Bruxelles et en Wallonie mais aussi en France, au Québec, et même parfois aux États-Unis, en Angleterre, en Roumanie ou en Bulgarie.

Une écriture à (re)découvrir au cours de lectures de six de ses textes :
Les pupilles du tigre, (éditions Didascalies 1986 – épuisé),
Il y a des anges qui dansent sur le lac (Lansman, 2009),
Gracchus (Lansman, 2021),
Créon et loin d’Antigone (à paraître à l’automne 2022 aux Oiseaux de nuit),
Cercles de famille (inédit),
Rocor (inédit).

Au commencement – c’est comme dans le Grand Livre ! – il y a des mots. Des mots qui se pressent. Qui cherchent, qui insistent. Qui cherchent un corps à habiter. Qui insistent pour devenir une voix. Oui, c’est cela : des mots qui cherchent un corps et une voix pour pouvoir y faire irruption, pour que la bonde, en n, puisse être lâchée. Car ils ne demandent que ça, les mots : une telle fièvre les pousse ! Depuis si longtemps ! Ces mots-là, manifestement, ont besoin d’être dits… C’est donc toujours comme ça que ça se passe : des mots, des mots, des mots, words, words, words, comme disait l’autre. J’écris pour le théâtre et, pourtant, je ne vois que des mots. Des mots qui peu à peu investissent un corps et une voix. Alors seulement viennent des noms, des lieux. Le reste, je n’en sais rien, ou pas grand-chose. Le reste, c’est l’affaire des comédiens, du metteur en scène, de tous ceux qui vont faire le spectacle, de tous ceux à qui je passerai ces mots-là qui un beau jour – miracle ! – ont trouvé les corps qu’il leur fallait…

Mais si, il y a encore une chose, pourtant, que je sais : plus les mots vont sortir et plus les corps prendront consistance, épaisseur, chair, plus ils construiront de véritables personnages. Qui ne vivront que de ces mots. Des personnages verbophages, en somme. Car ces mots sont leur seule chance. Il faut qu’ils en profitent, il faut qu’ils ne ratent pas leur coup, qu’ils en disent un maximum, qu’ils en disent des tonnes, s’ils le peuvent. Après, plus de théâtre. Après, plus de corps, plus de mots. Après, ni. Et ils ont tant à dire, il y a tant de mots qui pressent …
Paul EMOND – 1999

Biographie

Né en 1944. Vit à Bruxelles, quand il n’est pas «aux abonnés absents», comme on disait à l’époque du seul téléphone fixe.
Côté pile, un lecteur inlassable ; «la littérature est une forme du bonheur», écrit Borges. Côté face, l’auteur d’une dizaine de romans et recueils de récits, d’une vingtaine de pièces et d’autant d’adaptations théâtrales.

Déjà plusieurs de ses romans, comme La Danse du fumiste ou Tête à tête, flirtent avec l’oralité. Il finit d’ailleurs par les adapter pour le théâtre. Certaines suites de courts récits – Les aventures de Mordicus ou Quarante-neuf têtes dans le miroir – se verraient bien portées à la scène, elles aussi ; avis aux amateurs.

Mais le vrai déclic théâtral a été la commande d’une première pièce par Philippe Sireuil, que celui-ci monte en 1986 : Les pupilles du tigre.
«Le jour où j’ai assisté à la première lecture publique de ce texte, le jour où, à quelques mètres devant moi, j’ai vu mes personnages de papier devenir des êtres de chair et d’os, j’ai compris sur-le- champ que plus jamais je ne me séparerais de l’écriture théâtrale.»

Une bonne vingtaine de pièces vont suivre, tantôt montées en Belgique, tantôt en France, parfois aussi en traduction dans d’autres pays ; parmi ces pièces, Malaga, Les îles flottantes, Histoire de l’homme… Éditeur privilégié : Lansman. L’écriture de ces textes originaux s’accompagnera bientôt d’une démarche à la fois semblable et différente, celle des adaptations ; l’amoureux depuis toujours de la littérature transposera pour le théâtre ses grands auteurs de prédilection : Homère, Cervantès, Kafka, Flaubert, entre autres…

De quoi le conduire, au fil des années, à de nombreux compagnonnages artistiques avec des metteurs en scène et des interprètes d’esthétiques parfois très différentes ; une diversité d’expériences qu’il a toujours recherchée et dont il s’est toujours réjoui.
Depuis 2012, il est membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Dates

  • mer. 12/10/22
    18:00
  • mer. 12/10/22
    20:15
  • jeu. 13/10/22
    18:00
  • jeu. 13/10/22
    20:15
  • ven. 14/10/22
    18:00
  • ven. 14/10/22
    20:15

Photos